historique
Avant 1905, le Niel est considéré par les Arbanais (habitants de Giens) comme une plage, abri naturel pour les pêcheurs qui remontent leur bateau sur le sable. C’est là qu’ils réparent et teignent les filets (le « chaudron », dernier vestige sur la Presqu’île de cette activité perdue). Les enfants jouent à leurs côtés et les épouses amènent le casse-croûte et aident à démailler. Quelques mulets attendent à l’ombre, un peu plus loin et en arrière, pour transporter la pêche, vendue à l’Almanarre, tout proche de Hyères, à la base de la presqu‘île.
1905, construction de la digue, reprise en 1911; Le Niel devient une étape entre Toulon et Saint-Tropez pour les tartanes transportant le gros matériel.
1928, Louis RENAULT, épris du lieu, commence à acquérir des terrains et se constitue une grande propriété, l’Escampobar, tout autour du Niel, où il amarre son yacht, le Chryséis. En 1929, il profite d’une échancrure naturelle de la falaise, pour faire construire son garage à bateaux dans le même style et avec le même genre de pierres, récupérées sur place, que plusieurs autres bâtiments encore existants.
Dans les années qui suivent, le port est beaucoup amélioré, grâce à l’aide de L.R.—y compris pour les démarches administratives--avec :
nouvelle route d’accès
réfection de la digue et des quais
installation d’un mât de charge pour remonter les bateaux
cabanes en pierre pour les pêcheurs, remplaçant celles, en bois, jugées inesthétiques et inflammables
Arrivent la guerre, l’Occupation et l’évacuation forcée de la Presqu’île, fin 1943. A leur retour, en 1946, les pêcheurs sont obligés d’installer leurs pointus sur la plage, car la jetée et leurs cabanes ont été détruites.
Au début des années 50, les cabanons des pêcheurs seront reconstruits, tels qu’ils sont actuellement, au titre des dommages de guerre en même temps que la digue. Le garage à bateaux et les terrains le surplombant seront rachetés par des particuliers dont un héritier est encore propriétaire.
En fait, le garage à bateaux a perdu depuis longtemps sa fonction initiale. Son emplacement exceptionnel et son exposition au soleil matinal font l’objet de bien des convoitises. Pendant 50 ans, l’avant du bâtiment, lui-même devenu très rapidement inutilisable dans l’état, ainsi que ses abords immédiats ont été « exploités » à diverses reprises et de façon presque continue; cela, sans l’autorisation du propriétaire et avec occupation illicite—ou tolérée—du Domaine Public Maritime. Après la destruction autoritaire de la dernière « paillote », fin 2000, plus de buvette, mais un no-man’s-land, au grand dam de tous les usagers et visiteurs du Niel.